fév 15 2009

Taux de change et secteur MFG

Publié par Denis

D’après les commissaires des CLD (Centres locaux de développement) de la région de la Beauce, le taux de change est pointé du doigt comme étant le principal responsable d’une foule d’usines de la région qui produisent à moitié de leur capacité.

« Le secteur manufacturier du pays a perdu près de 400 000 emplois depuis 2002. Comme première raison, les manufacturiers ont été pris dans la tempête d’un dollar fort. » (Le Soleil, 8 décembre 2008). Avec l’éclatement de la bulle des produits de base (mines et surtout le pétrole) l’économie canadienne se retrouve en ce moment très vulnérable. Selon le financier Stephen Jarislowsky : « Notre industrie manufacturière a été anéantie et nous sommes maintenant entièrement dépendants des produits de base cycliques. » (Le Soleil, 18  octobre 2008). C’est un retour à la case départ quand on se plaignait il y a 30 ans que l’économie canadienne ne reposait que sur la matière première.

À vivre les mutations et à voir les transferts de pôles économiques d’un coin du pays à une autre région mettent en interrogation le bien-fondé d’un taux de change unique, surtout que toutes les régions du Canada pour performer économiquement doivent exporter des produits qui leur sont propres. Aujourd’hui c’est l’Alberta qui crée des perturbations économiques au Québec et en Ontario. Demain ce sera peut-être Terre-Neuve ou la Nouvelle-Écosse et son banc de sable qui regorge de gaz naturel.

Je le dis, et je le répète, si de par cette nouvelle économie mondiale certaines régions du Canada voient leur structure économique se dérégler, le taux de change est là pour régulariser la situation. Puisque les provinces sont responsables et récoltent l’usufruit de leurs ressources naturelles, le Canada, qui n’a rien à voir là-dedans, peut très bien s’accommoder de deux ou trois monnaies. Après tout, le Canada ou l’Union canadienne n’aurait des responsabilités qu’au niveau international, il n’aurait pas à s’impliquer dans la capacité de gain des provinces. Il appartiendrait à celles-ci de rencontrer leurs obligations envers le pays.