fév 15 2009
Taux de change
« L’effet yoyo des pétrodollars canadiens est un des maillons faibles de l’économie canadienne. » Extrait du magazine L’actualité, février 2009. Le pétrole albertain est pointé du doigt pour les difficultés qu’éprouve le secteur manufacturier au Canada, affectant 25 à 30 % d’emplois au Québec. Comment peut-on, pour les entreprises qui se doivent d’exporter, bâtir sur du long terme avec cet effet yoyo?
De 62 cents que valait le dollar canadien en dollar US en 2002, il est passé à 1,10 $ en juillet 2008, pour redescendre sous les 80 cents en janvier 2009. Le taux de change de la monnaie canadienne est à ce point lié à la demande mondiale du pétrole que le secteur manufacturier ne sait plus sur quel pied danser. Quand la demande du pétrole est forte, le dollar est fort. Si la demande baisse, il y a baisse du taux de change et récession mondiale, donc pas de marché pour écouler les produits manufacturés.
Les 25 à 30 % d’emplois liés à la structure manufacturière développée au Québec, si rattachée à l’international par des pétrodollars, ne peuvent rivaliser avec les producteurs de pétrole. Ces travailleurs doivent être redirigés, recyclés vers d’autres créneaux d’emplois. Enfin, il reste le retour sur les bancs d’école.
Le yoyo dans cette première décennie du 21e siècle du taux de change me laisse avare d’idées quant à des politiques économiques pour créer de l’emploi durable. Il existe deux volets à ce projet de réforme financière que je propose pour le Québec. Le premier est celui de la perception et la gestion de tous les impôts et taxes. Quant au deuxième, que le Québec ait son taux de change. Cependant, une monnaie différente pour le Québec n’est pas nécessaire si la nature des exportations de l’ensemble des régions économiques du pays se comparent. Si ce n’est pas le cas, afin d’assurer une pérennité manufacturière au Québec, un dollar québécois doit être considéré. Regardons ailleurs dans le monde. L’Angleterre a conservé sa livre sterling et fait partie de l’Union européenne qui a l’euro comme monnaie. Ce sont des collectivités territoriales, sous un même traité constitutionnel, dotées d’économies différentes, desquelles émergent des ressources naturelles et humaines qui leur sont propres.
En conclusion, le taux de change est un outil qui contrebalance des valeurs d’échange entre territoires permettant à chacun d’eux d’en tirer un bénéfice basé sur leur propre économie. Pour les exportations, la devise du Québec serait donc basée sur sa capacité de transiger d’égal à égal avec les marchés extérieurs selon la demande, les prix à l’international et son économie intérieure.


